28 décembre 2008
Le mobile de la fête
Non mais qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce que c'est que ces gens qui "n'[ont] pas l'humeur festive" ! qui sont "trop malheureux pour faire la fête" ! Mais a-t-on jamais entendu ça ??? C'est bien dans les pays les plus désolés qu'on sait le mieux faire la fête, s'amuser d'un rien, créer de la musique avec un morceau de bois et rire du vent ! Boudiou d'boudiou ! "Faire la fête" ça dit bien ce que ça veut dire ! Qu'on ait au départ l'humeur guillerette et badine ou le moral au bout des orteils, la fête, on la fait, on la fabrique, on l'impulse, on la crée et puis hop, elle existe, elle est là ! A quoi servirait de faire la fête si on était tous joyeux au plus profond de chacune de nos cellules, ça ne serait qu'une pâle redite de la vie de tous les jours ! Aucun intérêt ! La fête est justement là pour changer du reste du temps !

Ou alors, c'est que la fête telle qu'on l'envisage ne vous amuse pas ? Ouf de ouf ! Si ça n'est que ça, je suis heureuse de vous demander : qu'est-ce qui vous amuserait ? Que pourrions-nous inventer pour vous divertir, pour vous faire rire l'âme et les sens ? Le jour de fête est là pour se défouler, pour oser être bête en utilisant son intelligence, pour être ensemble et profiter les uns des autres, pour voir d'autres choses et les choses autrement, pour chanter et oublier.
Vous n'avez pas le coeur à faire la fête ? La fête est pour vous !!!
Que cela soit dit, que cela soit fête !
Je vous attends.
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26 novembre 2008
La théière, la pinaille, Lady et le medley
Chers blogopassants, je ne sais si ça vous passionnera, mais sachez que je suis encore plus, depuis ce week-end, dans le Victorian Spirit. Avec ce froid, ce vent, cette pluie, cette neige ! J'ai resorti ma... tanatataaaaaaa ! Théière ! Eh oui. Depuis au moins 2 ans, je l'avais lamentablement reléguée au fond d'un placard, à prendre la poussière et son mal en patience. Mais là, ce froid, ce temps à lire des victoriens sous la couette et à tenir grâce à ce doux brevage parfumé qu'est le thé, eh bien un grand bol ne me suffisait plus. Il me fallait passer à la taille au-dessus et pouvoir me servir et me reservir, allonger le fond restant avec de la nouvelle eau bouillante, miam! Ceci est fait ! Et puis, doit-on le répéter, dans 5 jours on est en décembre et c'est Noël qui approche à grands pas, va falloir décorer nos habitations avec tous ces trucs clinquants, brillants et lumineux, ouais, on va chanter avec les grands zélés petits, des "jésus est né, les cadeaux dans les souliers, le vent dans les trous d'nez !" Aaah, vive le bonheur !
Sinon, la politique me désepère, parfois. Des poules pouf dans un poulailler à chier se crêpent le chignon : "T'as triché ! Nan, c'est toi ! Nan, pouffiasse, t'as caché des bulletins ! Nan, même pas vrai, c'est toi la garce, c'est toi qui a mangé les bouts d'papier ! N'importe quoi, regarde, moi j'ai des potes avec moi qui disent bien que c'est toi la tricheuse ! Nan, c'est toi la menteuse ! La va-nu-pieds la gueuse ! Oui mais je meurs heureuse, heureuse et amoureuse !" Bon euh... rObert, chut, c'est pas le moment.
Allons, passons aux choses sérieuses ! Ce matin, j'ai terminé ma lecture du Secret de Lady Audley, de Mary Elizabeth BRADDON. Ce livre est un petit plaisir ! Ecrit alors qu'elle avait 25 ans, ce texte lui a apporté gloire et beauté (nan j'déconne) - gloire et richesse. Elle va écrire tout au long de sa vie environ un roman par an. Elle aurait même écrit une pièce de théâtre (ouais, Cryssi, du théâtre victorien!!) intitulée "Griselda"... Pour ce qui est de ce livre-ci, il recèle bien des ingrédients du roman victorien : une histoire se passant entre un domaine ressemblant à un petit château et la pleine campagne anglaise avoisinante ; des personnages diaboliques et amoraux (les méchants), ou emprunts d'une morale à toute épreuve (les victimes ou les valeureux qui s'évertuent à rétablir la vérité) ; une histoire de trahison, une histoire de famille, et une enquête qui n'en est pas véritablement une pour le lecteur puisque l'auteur ne s'attache pas à nous cacher les choses. Au contraire, on devine immédiatement ce que le héros doit découvrir tout au long du roman, ceci avec tout de même quelques suprises et retournements de situation. Cependant, c'est étonnant comme cette lecture nous plonge dans un univers presque haletant alors qu'il ne nous reste pourtant pas grand chose à découvrir. C'est effectivement très bien écrit et très bien mené.
Ayant fourche-langué avec mon 'gloire et beauté'', je ne peux m'empêcher de vous montrer à quoi ressemblait Mary Elizabeth.... C'est pas gentil, mais bon, quand même, alors qu'elle décrit cette Lady Audley comme une femme aux mille beautés, c'est amusant de voir qu'elle-même n'en avait peut-être que deux ou trois... Mdr...
Je vous fais part égalment d'un sacré lien (victorianspiritueux) que je viens de trouver sur le net, il s'agit d'une liste d'auteurs femmes victoriennes ainsi que certains de leurs écrits : http://www.indiana.edu/~letrs/vwwp/vwwplib.pl?
Et maintenant, je vais donc commencer Les Hauts de Hurlevent pour être encore et toujours plus dans le Victorian mood, yes m'sieurs-dames !
Bon allez, rObert, zy-va, te toca a ti, it's your go !
PS : ah oui, au départ je n'ai pas réussi à trouver la chanson "La Malchanceuse" toute seule, je n'étais parvenu qu'à inclure un lecteur proposant plusieurs chansons de rObert. D'où le titre. Puis, je me suis remise à chercher plus longuement encore et j'ai enfin trouvé LA chanson, toute seule. Mais du coup, j'aime trop mon titre comme ça, je pensais bien pouvoir le changer en genre "La théière, la pinaille, Lady et la princesse" (pour ceux qui ne connaissent pas rObert, elle a fait un album qui s'intitule "Princesse de rien") mais ça sonne quand même carrément moins bien que "Lady et le medley"... Et "Lady Audley et le medley" aurait fait un peu lourd et redondant. Je laisse donc tel quel ! :D
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13 juillet 2008
Il n'est rien de plus misérable que de regarder un feu d'artifice
Il n'est rien de plus misérable que de regarder un feu d'artifice. C'est ce que je viens de faire ce soir. A l'instant. C'est quoi un feu d'artifices ? De la lumière qui vous explose devant les yeux ? Et alors ? Il n'y a quand même rien de plus bateau, rien de plus kitch qu'un feu d'artifice. C'est d'aussi mauvais goût que les boules de Noël ! Nan, franchement, ça se vaut. On peut le dire.
On se dit que tous ces gens qui s'exclament "Oh la belle rouge!" à l'unisson, c'est le comble de la nunucherie romantico-débilos. Qu'il n'y a rien de plus cruel (le bruit qui perce les tympans!) et de plus abrutissant que d'amener ses enfants voir un feu d'artifice. Sans parler de la sortie obligée des amoureux, enlacés tendrement devant un Feûûû d'Artifîîîîces ! C'est l'ultime gnan-gnan !!
Et pourtant. Et pourtant, on le regarde, ce feu d'artifices. Il a quelque chose de happant, et d'hypnotisant pour les yeux. Mais pas pour l'esprit. On le regarde et notre esprit vagabonde. Tiens un feu d'artifices, ça pourrait être une musique pour les yeux. Tiens on essaie toujours de prendre des photos d'un feu d'artifice. Mais l'équivalent sonore d'une photo n'existe pas. Quel intérêt d'écouter une seconde d'un extrait sonore ? Brefle, on part dans nos pensées. Quelque part, un feu d'artifice, ça a quelque chose d'émouvant, on s'émerveille quand même devant. Et surtout. Surtout. Un feu d'artifice, qui ça ne rend pas nostalgique ?
PS : deux liens nostalgiques sont insérés dans ce post ^^
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07 juin 2007
Miscellanous
-> Alors salut à vous, fantômes du web, ça fait un bon moment que je n'ai pas trop passé de temps par ici, j'aime bien l'idée de revenir hanter m'oiseau-ci un brin les lieux (puisque je peux), de me divertir de cette manière, et comme d'hab, si ça peut en divertir d'autres ne serait-ce que 3 secondes, j'aime bien l'idée. Divertissons-nous.
-> Je ne supporte ni la voix ni le ton inepte ni l'ânonnement systématique ni le rire de grue ni le débit débile ni le goulû bouffage de syllabes de Colombe Schneck. Elle m'horripile. C'est rare. On ne m'horripile pas facilement. A part l'Assedic, peut-être. Parfois. Chapeau, donc, Miss-j'ai-mes-sources. (achtement diverstissant, isn't it ?)
-> Le saviez-vous ? 111 111 111 111 x 111 111 111 111 = 12 345 678 987 654 321. Oh yeah.
-> "Rech.proj.pr.proj.priv.self.dem.brt.poss.s'adr.à.l'hôt.Mart.et.+.si.affinité" Euh... Non, la mienne c'est "Chrch ti job pr juin pr mfaire dla thune. Ctctez-moi". Contactez-moi.
-> Mes mains auraient envie de pipeletter. Ou serait-ce plutôt mon cerveau qui aurait envie que mes mains papotent ? Qui dirige en môa ???? Le corps ou l'esprit ???? Mon dieu ! Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère ??? .. Mais que fait Dieu !?!?!?!
-> L'écriture de Nancy Huston est vraiment un assemblage de mots et d'idées qui me sont souvent bien familiers. Qu'est-ce qui fait qu'une écriture vous parle clairement, qu'est-ce qui fait que rien ou presque ne vous est étrange(r) ? -*- du coup -*- Pourquoi l'idée d'exil me parle, m'intéresse et m'est si facilement saisissable ? -*- en fait -*- C'est vrai que ce n'est peut-être pas tant l'exil. Dans Nord perdu l'auteur aborde le fait d'être bilingue, biculturel, ce décalage entre la langue et la culture maternelles d'une part et celles acquises d'autre part. Perd-on un peu de la première quand on est plongé(e) sur la longueur dans la seconde ? Et aussi l'idée que passer d'une langue à l'autre n'a rien du fonctionnement du miroir, et que c'est ce 'gap' qui tripe. Claro, les réflexions sur ces thèmes me parlent et me passionnent.
-> La télé à la radio, ça pue. Si on écoute la radio, c'est entre autre car on ne veut pas de la télé.
-> Yop Léthée, je réfléchis à mes 4. To be continuède.
Voilà pour aujourd'hui. Vous pouvez reprendre une activité normale. (si c'est pas de l'auto-foutage de gueule, de mettre cette dernière phrase, mouarf!). Have a nice day, chicos !
11:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aucun, vous venez si vous voulez, j'aime pas attirer l'client...
02 avril 2007
La phrase du jour
"Tiens,
ça fait longtemps que je ne suis pas allée sur mon blog,
voir s'il n'y a rien de nouveau!"
S.
21:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09 décembre 2006
Beckett au Théâtre
16:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27 octobre 2006
La philosophie du jour

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05 octobre 2006
Ma djeun's-mania
Soyons claire : je suis un peu astonished ce midi. Astonished de moi-même. Il m'arrive un truc étrange. Un peu perturbant il faut le dire. Un truc pas pour moi, un truc de pas-moi, un truc que j'aurais pô cru, et un truc que pourtant je me vois bien dans l'obligation de reconnaître puisque.. ben.. c'est bien ça kiss pass, quoi.
J'ai entendu sur Fip il y a quelques temps déjà une chanson que je trouvais fort sympatoche (mais qu'est-ce qui m'a pris déjà là!), comme cela m'arrive souvent en écoutant cette radio, je découvre des trucs un peu originaux, qu'on n'entend pas forcément sur les radios inécoutables pour cause de bla-blas débiles, de musique à chier et/ou de pubs à dégobiller. Je veux donc aller plus loin, et me mets à écouter l'album en entier. Décidément, c'est pas mal du tout ça, enjoué, un peu espiègle, divers, cool et frais (sorry for the objective lapalissade).
Mais.. Plus j'écoute Lily Allen, et plus je
de moi-même. En fait, je trouve que sa musique est vraiment intéressante (épi son p'tit accent so british est so fun!). En parlant d'accent, elle en a (de musicaux) qui passent d'Alanis Morrissette (dans Take what you take) à Fiona Apple (dans le piano, le réalisme ou l'intimisme (ah ça, ça doit pas se dire, mais pourtant c'est ce que je veux dire, na.)(ben si, ça se dit)), en passant par des tonalités presque à la Lisa Ekdal ou à la No Doubt, des sonorités de R&B (arènbi, mais chépu si on l'écrit avec un & ou avec une apostrophfff) ou de musique presque jazzoubluesy, ou plein d'autres choses inarrivablàidentifier par moi pour l'instant.
Donc, c'est vraiment chouette, vraiment ! Pourtant, chépa quel âge elle a la p'tite Lily, mais.. C'est une djeun's quoi ! Elle fait de la musique de djeun's ! Comment dam' que c'est-y possib' que j'apprécie ça, moi !!
--> Que m'arrive-t-il ?? C'est grave, docteur ???
Quelques tentatives d'explications :
- je rajeunie
- je vieillis tellement que je me tourne vers les p'tites jeunettes pour tromper ma vieilleté
- je me détache d'un gros préjugé
- je deviens con (ou encore + que je ne l'étais déjà)
- je sais reconnaître les sales djeun's qui, incompréhensiblement, ont du talent
- je me gagatise, je me sénilise, je perds la boule et je folie grave
- je mutante, ma transformation a commencééééarrghhh!!!
- euh, vous avez des suggestions quant à cette perte de mon moi-m'aime ???
Ah, là là, tout ce foin pour... Parler de Môa ! :p
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16 septembre 2006
Mon meurtre du jour
Il m'est enfin possible de commettre un meurtre. Je devrais être contente ! C'est rare une occasion de la sorte.
Mais même si l'on imagine toute la hargne qui peut être évacuée au moment de perpétrer une telle action, il n'en faut pas moins une certaine préparation, du courage, et du grand prenage sur soi. L'objet de mon crime, il faut le dire, est une énorme araignée qui a élu domicile dans la douche. Impossible de savoir comment elle est arrivée là. Elle n'y était pas hier matin, moment de grand nettoyage intense de l'appart, ni hier soir, moment de petit nettoyage de la personne. Peu importe le comment du pourquoi, le fait est qu'elle s'est joyeusement installée pendant la nuit dans cette douche qui ne l'attendait pas. Je retourne la voir. Une chance, elle ne bouge pas. Il ne manquerait plus que je la voie agiter ses immenses pattes tortueuses dans tous les sens, et que je me retrouve totalement désemparée face à la multitude de probabilités de direction que pourrait prendre à chaque instant la bestiole affreuse ! Je repars un moment, souffler un peu, cette vision est cauchemardesque. Un petit spider-solitaire pour me changer les idées (mdr) et j'y retourne. Ouf, elle n'a tjrs pas bougé. T'es moche, salope! T'es rien! Une grosse merde sur patte! Et donc sans tes pattes tu n'es plus qu'une grosse merde! Bouh, pas beau! Tu m'impressionnes pas, c'est toi qui tremble devant moi, sauf que si je te vois pas bouger, c'est parce que t'es perfide et que tu le caches bien! Ou alors t'es tout simplement paralysée devant moi. Voilà, donc franchement, ya pas d'quoi crâner. Bouge pas, je reviens te niquer la gueule. Oui. Je sais. Face à une araignée, je deviens vulgaire. Je n'y peux rien, c'est comme ça que j'arrive à les zigouiller. J'en fais de la bouillie dans ma tête avant de passer aux actes. Enfin face à une grosse araignée. Les petites? Je m'en fiche. Les faucheuses? Ranaf'. C'est vraiment les grosses araignées, avec leur corps énorme, noir, et velu. Pouah et re-pouah! Caca!
Mon ciboulot chauffant à plein régime dans l'espoir de trouver une solution envisageable, je m'en vais donc dans la cuisine, lorgner du côté du balai. Pratique, le balai. Il nous assure d'une réelle distance de sécurité. Le souci, c'est qu'un balai c'est pas super radical comme solution. Les grands poils longs ont plutôt tendance à caresser l'affreuse plutôt que de la scratcher un bon coup. Alors il faut effectivement avoir amassé une bonne dose de hargne pour être en mesure de s'acharner sans faire de chichi une fois qu'on l'a décidé. Cette haine grondante, on la concentre dans les mains, dans les doigts et dans tous les poignets (oui oui, comme si on en avait 18), et on plante d'un coup sec l'arme sur le corps du monstre. Et immédiatement (surtout ne pas attendre, ne pas perdre de temps, ne plus se poser de questions, foncer, foncer, foncer!) alors immédiatement relever à peine le balai et reprendre le geste aussi violemment, une fois, deux fois, puis si possible en appliquant de légères variantes, comme un petit coup de poignet vrillé vers la droite, puis au coup suivant vrillé vers la gauche. Tout cela pour être sûre de ne pas être simplement en train de lui prodiguer un gentil massage cardiaque, c'est quand même pas le but. La vrille permet réellement d'écrabouiller la chose.
C'est ce que j'ai fait ce matin. (Applause) Ouais, j'ai quand même eu vachement de courage. Chuis fière de moi, de mon acharnement, de ma hargne, de mon entêtement, de mon efficacité. Car j'ai été vachement pro sur le coup de la vrille, j'ai entendu craquer sous mon balai. Je crois même qu'elle a crié.
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29 août 2006
Mystère
Mystère. Une heure que je scotche sur l'idée du mystère. Le mot mystère est d'ailleurs bien plus beau sans majuscule, c'est en minuscule qu'il a l'écriture la plus harmonieuse, le mot ressemble à une pyramide d'Egypte. Au-delà de l'aspect esthétique de son graphisme, le mystère c'est quand même une des idées les plus séduisantes au monde. Je rumine du mystère, car j'ai terminé ce matin la lecture de "Journal d'hirondelle" d'Amélie Nothomb. Comme d'habitude, lu très vite, comme d'habitude, l'impression d'avoir un accès direct à l'auteur, puisque c'est elle, puisqu'elle a choisi chaque mot, chaque virgule. Selon elle, aucune correction de la part de son éditeur. Mais en réalité peu importe. Tout comme en astrologie c'est l'heure de naissance déclarée qui compte plutôt que l'heure réelle, en littérature c'est le (pré)nom ou le pseudo choisi qui compte plutôt que le (pré)nom réel, et ce sont les mots publiés qui comptent plutôt que les mots manuscriés. C'est bien connu, s'il y a effectivement une chaise dans le couloir du Lycée, mais que dès que quelqu'un entre dans ce couloir, la chaise disparaît, alors la chaise n'existe pas. Bref, je disais donc un accès direct à l'auteur. Et pourtant bien entendu, rien. Un livre, quoi. Des mots, des idées, des sonorités. Rien que de la littérature :p. Ainsi, cette année son livre s'achève sur un mystère. Ayant assisté à la rencontre organisée au Virgin des Champs cette semaine, j'ai entendu parler avant d'avoir lu le livre de ce mystère non élucidé qui le terminait. J'ai eu peur. Finalement ce matin, la fin ne m'a pas laissée sur ma faim (Pouah, promis, je ne la referai plus, celle-là. Elle est infâme). J'avais tellement le souvenir du mystère intensif et finalement complètement frustrant de "Moi qui n'ai jamais connu les hommes" de Jacqueline Harpman (dû sans doute plus à ma lecture qu'à l'écriture en elle-même, je ne sais pas bien), que là, non, le mystère de ce journal d'hirondelle ne m'a pas fait l'effet d'une queue de poisson, quoi qu'en puissent dire déjà certains critiques. Etes-vous sortis frustrés quant au mystère du journal en fermant le livre ? Ce n'est pas le mystère du journal qui n'est pas élucidé, c'est le mystère de la quête autour de ce journal. Le journal en lui-même, on en lit des extraits, on s'en fait une idée. Ce qui intrigue c'est la raison pour laquelle ce journal intéresse particulièrement certaines personnes. Mais finalement, ce mystère n'est pas vraiment le nôtre. On ressort de ce livre avec exactement le même questionnement que le protagoniste, qui lui, a lu le journal. Du coup, au sortir du Nothomb cuvée 2006, je ne me suis pas sentie frustrée 'à cause' d'un mystère : je me suis sentie 'frustrée du mystère' !!! Me voici avec au creux du ventre une grouillante envie de mystère ! Comment faire ? Ah, Google, mon sauveur. Je me souviens d'une question que j'avais posée à des amis lors de notre visite au Musée des Arts Primitifs en voyant des informations s'afficher sur un globe terrestre lumineux. J'avais vu l'île de Pâques, appartenant au Chili, comme étant l'île le plus isolée au monde. Réminscences faiblardes d'une énigme concernant l'origine de ces immenses statues plantées ça et là sur cette île, et du coup, je m'étais demandé s'il y avait toujours des habitants sur l'île de Pâques. "Oui, bien sûr, mais ce qu'on ne sait pas, c'est l'histoire des anciens peuples de cette île. Leur histoire a été totalement oubliée." N'en v'là un de mystère, n'est-ce pas ? Voilà donc mon mystère du jour. L'île de Pâques. Ces imposants Moaï qui semblent scruter la mer, sûrs d'eux, tels des sages immuables, détenant la connaissance mais se taisant, innaccessibles, faisant acte de présence pour qu'on se souvienne de cet oubli inacceptable. Et le Rongo-rongo, cette écriture toujours indéchiffrée et sans doute mystérieuse à jamais par manque de données de départ (seulement une trentaine de planches retrouvées, fabriquées en un bois qui n'existe pas/plus? sur cette île). Voilà du mystère. Voilà de quoi vous titiller l'imagination. Déjà pour moi une langue, même connue, comprise, apprise, est un grand mystère (et je ne parle même pas du farfelu génie des gens qui ont inventé une langue!!) Alors pensez-vous. Ma grouillante envie de mystère est bien alimentée, donc apaisée, seulement le mystère a pris la place de son envie, et le grouillant persiste ! Mieux vaut un grouillement repu de mystère, qu'un grouillement amystérisé. Bref, n'importe quoi.
Je finirai sur une comparaison. N'avez-vous jamais remarqué une certaine ressemblance entre :
-> les Moaï de l'île de Pâques


Oui. Je sais. N'importe quoi. :D
15:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mystere, amelienothomb, journald'hirondelle, iledepaques, kodoma, moai

























