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03 avril 2011

Le mois cubain !

Ca y est c'est certain, c'est bientôt le mois cubain !

cuba, littérature cubaine, culture cubaine, mois cubainCryssilda et moi-même organisons LE MOIS CUBAIN qui aura lieu DU 15 MAI AU 15 JUIN 2011, et nous vous invitons à partager ce moment riche en découvertes avec nous. L'idée est bien entendu de lire ces fameux auteurs de Cuba (intra ou exilés), mais également, vous pourrez partager tout ce qui a trait à la culture cubaine au sens large, donc également la musique, le cinéma, la gastronomie, le tourisme, la langue, les traditions... Tout ce qui est lié à cette île des Caraïbes.

Jorge Camacho, surréalisme, peintre cubain, hommage

Une petite information : le peintre surréaliste cubain Jorge Camacho est décédé le 30 mars dernier, Cryssilda et moi avions eu l'occasion de le rencontrer parfois, de loin, lors d'événements cubains à Paris.  Exilé depuis fort longtemps moitié en Espagne, moitié en France, Jorge et sa femme Margarita ont gardé des liens très fort avec Cuba et ont notamment beaucoup fait pour l'auteur Reinaldo Arenas (mon chouchouuuuuuu!), pour qu'il puisse être connu hors de Cuba et surtout pour l'aider à sortir ses manuscrits hors de ce pays où il a été longtemps persécuté et pour le soutenir dans tous ces moments très difficiles. Bref, pour toutes ces raisons, nous avons décidé de lui dédier ce mois cubain sur les blogs.

Reinaldo Arenas, Jorge Camacho, littérature cubaine, le mois cubain

D'autre part, il va sans dire que pour Cryssilda et moi, ce mois cubain résonne un peu beaucoup avec une certaine semaine où Cuba était à l'honneur, c'était Cryssilda qui l'avait organisée sur son ancien forum en 2004. Il se peut donc que nous ayons parfois l'air de parler de choses étranges qui sortiraient de nulle part, ce seront juste de doux échos d'il y a 7 ans!

José Lezama Lima, Paradiso, littérature cubaine, le mois cubain

Vous pouvez déjà réfléchir à ce que vous publierez lors de ce mois cubain. Il ne sera pas question de publier un message par jour comme pour les 'Semaines', mais vous pouvez très bien tenter le coup, nous n'en serons que plus ravies !!!

Pour ma part, j'ai déjà 10.000 idées, rien qu'en regardant ma PAL, je ne doute pas de la richesse du-dit mois!! Roi-naldo Arenas ! Zoé Valdès ! Karla Suareeeez ! Leonardo Padura ! José Lezama Lima ! René Vazquez Diaz ! Cirilo Villaverde ! Alejo Carpentier ! Guillermo Cabrera Infante ! Jesus Diaz ! Pedro Juan Gutierrez ! Joel Cano ! Carlos Victoria ! Etc !!!

cuba, littérature cubaine, culture cubaine, mois cubain

Quoi qu'il en soit, quelle que soit votre manière de participer à ce mois cubain, n'oubliez pas de nous signaler que vous en êtes ! De plus, un groupe sur Facebook nous permettra de suivre les aventures de chacun et de poursuivre le délire plus fort et plus loin encore !

Qué disfruten !! Ayayay !

Lamalie

 

02 mars 2009

Rencontre à la Maison de l'Amérique Latine...

... à l'occasion de la publication des lettres de Reinaldo Arenas aux Camacho, éd. Actes Sud.

lundi 2 mars 2009 de 19h00 à 20h30.

Reinaldo Arenas. Lettres à Margarita et Jorge Camacho (1967-1990)

Présentation du livre traduit par Aline Schulman, édition préparée et annotée par Margarita Camacho, Ed. Actes Sud.

Du 1er décembre 1967 au 2 décembre 1990, Reinaldo Arenas écrit à Margarita et Jorge Camacho. Pendant près d'un quart de siècle, les Camacho auront été, au-delà du constant soutien financier, des amis soucieux d'alléger les souffrances, d'inestimables ambassadeurs travaillant sans relâche à la reconnaissance de son œuvre, et une fenêtre perpétuellement ouverte sur le monde quand l'écrivain passait des geôles castristes à l'exil intérieur.

Reinaldo Arenas est l'auteur de neuf romans, six recueils de poèmes et quatre de récits, une pièce de théâtre. Le fim tiré de son autobiographie Avant la nuit, porté à l'écran par Julian Schnabel, a obtenu le Grand prix spécial du jury 2000 à la Mostra de Venise.

Né à Cuba, Jorge Camacho vit et travaille entre Paris et l'Andalousie. Remarqué par André Breton, il intègre le groupe surréaliste. Margarita, son épouse, est peintre, elle aussi.

Avec la participation de Juan Abreu, Olivier Amesein, Joris Lagarde, Aline Schulman et Zoé Valdés.

->> Qui sera la bonne âme charitable qui me forcera à sécher ma chorale latino pour aller assister à cette rencontre ? PLIIIIIZZZZZZ !!!!!

24 octobre 2007

Carlos Victoria est mort...

C'est une bien triste nouvelle, j'en suis toute retournée. Carlos VICTORIA est mort. Je ne sais pas pourquoi, mais sachant qu'il vivait à Miami, qu'il était journaliste éditeur au Nuevo Herald, pour moi, c'était un lien possible avec un auteur que j'appréciais, et qui représentait beaucoup. Il était comme une petite lumière vers mon 'petit délire de mythe' Reinaldo ARENAS. J'étais bien loin, bien bien loin d'imaginer que je n'avais pas le temps de le lire davantage, ni de lui témoigner un brin de mon admiration, avant qu'il ne s'en aille. Carlos Victoria avait 57 ans. Il n'est plus. Et j'ai envie d'ajouter qu'en plus, pour moi, c'est une peu comme si Reinalo Arenas mourait une seconde fois.

Voici un article de Libération publié hier, ainsi qu'un commentaire de Liliane HASSON, traductrice de nombreux romans cubains dont plusieurs des deux auteurs cités.

http://www.liberation.fr/culture/286657.FR.php

Carlos Victoria, digne jusque dans la mort
Disparition - Exilé en Floride, l’écrivain cubain, auteur d’«Un pont dans la nuit», est mort à l’âge de 57 ans. Philippe LançonQUOTIDIEN : mardi 23 octobre 2007

Le balcon de Carlos Victoria donnait sur un petit lac désert, à Miami. En bas, il y avait un hydravion. L’appartement, confortable et austère, ressemblait à un bateau échoué dans l’air, le silence et la propreté. C’est là que l’un des grands romanciers cubains de sa génération a avalé, le 12 octobre, une dose suffisante de médicaments. Il vivait seul avec son chat depuis le décès de sa mère. Il avait un cancer. Faute d’assurance suffisante, l’hôpital l’avait mis dehors deux jours après une opération lourde. A un moment, il s’est réveillé, très mécontent, semble-t-il, d’être encore là. Puis un coma sans retour l’a enveloppé. Carlos Victoria avait 57 ans. Il aimait les grands romanciers russes, Thomas Mann, Hermann Hesse et Albert Camus, qu’il ne lisait jamais quand il écrivait. Il aimait aussi le cinéma et les Moments musicaux de Schubert, qu’il écoutait même quand il écrivait.

Ayant renoncé à être journaliste pour ne pas écrire ailleurs que dans ses rares livres, il était éditeur au Nuevo Herald, le quotidien local. On peut lire en français : la Traversée secrète (Phébus), Abel le magicien (Actes Sud), et, surtout, Un pont dans la nuit (Phébus).

Ses nouvelles, peut-être le meilleur de son œuvre, ne sont pas traduites. C’était un homme bon, strict, discret. Le roman Un pont dans la nuit, publié en France cette année, dix ans après sa sortie, est l’histoire d’un Cubain qui vit au bord d’un lac et croit voir, de l’autre côté, un frère qu’il n’a jamais connu. Il part à sa recherche, la nuit dans Miami. L’exil et la dépression nettoient avec une efficacité physique le récit et les personnages d’élément inutile. Les solitudes américaine et cubaine se mêlent au clair-obscur. L’odeur des tropiques se fond dans celle des lotissements et des canaux de Floride. Quand nous l’avions rencontré là-bas cet hiver, il était dans les plâtras d’un roman et songeait à éditer des textes du Cubain Guillermo Rosales, dont il était l’exécuteur testamentaire.

Peu d’hommes donnaient autant que Carlos Victoria l’impression de saisir le cœur des hommes, revenu d’assez d’enfers pour comprendre le purgatoire des autres. Né à Camaguey, il était de la génération dite «de Mariel» – nom du port par où sortirent de l’île, en 1980, 23 000 Cubains. Avant cela, il avait été chassé de l’université à 20 ans pour «diversionnisme idéologique», placé d’office employé forestier dans sa région natale. Il avait brûlé ses textes avant son exil avec sa mère, folle depuis son abandon par le père de l’écrivain, avant la naissance de celui-ci. Carlos Victoria retrouva la trace de ce père par hasard quarante ans après, à Miami. Il alla le voir à Cuba, médecin mis à l’écart par le régime. Il n’a eu aucune complaisance pour le castrisme ; ni baigné dans la mise en scène d’un ressentiment dont il était dépourvu. Dignité est un mot fatigué, mais qui lui convient. L’une de ses nouvelles, l’Etoile filante, dépose sur un banc de Miami, au début des années 80, trois écrivains cubains pauvres, furieux, amis, exilés : Reinaldo Arenas, Guillermo Rosales et lui-même. Les trois meilleurs de leur génération, ce sont eux. Le premier avait le sida et s’est suicidé en 1990 à 47 ans. Le deuxième, fou, s’est suicidé en 1993 à 46 ans. Le troisième vient de rejoindre les deux autres sur le banc.

 
Commentaire(s) : 
 

Liliane Hasson : Carlos Victoria - Pour avoir traduit en français tous les livres que vous citez, outre un roman à paraître et des nouvelles, pour avoir eu avec Carlos Victoria, malgré la distance, des liens d'amitié jamais démentis depuis 25 ans, je partage entièrement votre estime et votre admiration envers l'homme et son œuvre. Mardi 23 Octobre 2007 - 12:34

 

Lamalie

PSP : les tristes nouvelles arrivant rarement seules... Brefle... 

 

19 juin 2007

Réédition de "La Couleur de l'été"

http://www.republique-des-lettres.fr/290-reinaldo-arenas....

Reinaldo Arenas

La couleur de l'été (éditions Stock)

Une idée reçue prétend que la critique littéraire ne sert à rien. Elle sauve au moins du ridicule: elle vous évitera la déconvenue de cette bourgeoise en goguette qui demandait l'autre jour dans une grande librairie bordelaise si La couleur de l'été de Reinaldo Arenas était le roman approprié pour aller passer quelques jours d'une fin de saison dorée sur la plage d'Arcachon. La couverture de ce roman posthume est à elle seule une page d'histoire littéraire. Arenas chez Stock? L'éditeur qui dirige cette maison est celui qui avait eu le courage de publier au Seuil les manuscrits que lui faisait parvenir avec mille difficultés le peintre Jorge Camacho qui signe l'illustration de la jaquette. Cette somme, au sens théologique (on y invoque Sainte Verge, Santa Marica dans l'édition originale publiée à Miami en 1991, un an après la mort de l'auteur) accumule, réorganise et orchestre les thèmes récurrents d'une oeuvre qui puise aussi bien dans le registre historique que biographique.
Pour fêter ses cinquante ans de pouvoir, Fidel Castro, alias Fifo, convoque à un gigantesque carnaval aux compatriotes, délégations étrangères et défunts illustres à qui il rend la vie pour l'occasion. La fête macabre, menée tambour battant, se déroule en 1999 et durera 600 pages. Toute réalité est ici investie, travestie, invertie, inversée, retournée dans un maelstrom linguistique époustouflant rendu par une traduction flamboyante. La critique universitaire a du mal à placer ce lutin qu'était Reinaldo Arenas aux côtés de figures marmoréennes comme Jorge Luis Borges, Pablo Neruda ou Juan Rulfo. Elle craint des secousses auxquelles on ne l'a pas habituée. C'est dommage! Elle verrait les enfilades d'Arenas se superposer aux délicates fresques de Pompeï et son parti pris héroï-comique et burlesque revisiter le Siècle d'Or. L'auteur réhabilite des genres affadis par l'opérette et leur redonne une efficacité satirique qui, par contrecoup, rend lourdes comme du plomb les célèbres invectives de Pablo Neruda. Reinaldo Arenas décrit ici l'effondrement d'une révolution, comme dit très justement Zoé Valdès, "surestimée par des opinions ou des situations externes", mais il s'écarte de ce qu'il est convenu d'attendre en la matière. Les froides comptabilités nord-américaines ne lui conviennent pas davantage que le prurit stalinien. Il revendiquait des choses simples, si simples qu'elles ont entrainé indirectement sa mort: vivre, faire l'amour, aimer, écrire. Mais il se heurtait à un antidote meurtier: la haine du désir, la haine de la littérature, la haine de la langue, la haine de soi. Logées au coeur de l'idéologie, au coeur de la langue, se confondant avec la littérature. Une telle tension, un tel bras de fer font de La Couleur de l'été un roman hystérique où l'individu est traversé par une blessure mortelle. C'est cette brèche que colmate la frénésie sexuelle. Voilà pourquoi on s'y encule tant !

Copyright © André Gabastou / La République des Lettres
mardi 1 octobre 1996

 

09 septembre 2006

Un texte inédit de Reinaldo ARENAS

L’écrivain Reinaldo Arenas a écrit son « Eloge de Fidel Castro » en 1990, peu avant sa mort à New York.

ROGER SALAS - Madrid

EL PAÍS - International – 07/08/2006

Ce curieux article de l’écrivain cubain Reinaldo Arenas était resté inédit jusqu’à aujourd’hui. Il y a 18 ans, le quotidien français Libération en avait publié un bref extrait. Arenas l’avait écrit en mars 1990, peu avant sa mort, sur la proposition de Liliane Hasson, sa traductrice française, sa grande amie, la conseillère littéraire de ses exécuteurs testamentaires et sa rigoureuse biographe, dont le livre sera publié prochainement aux éditions Actes Sud. La prose débordante du romancier cubain est tempérée dans ce texte pour dessiner avec ironie et distance un portrait à la fois rétrospectif et prospectif de Fidel Castro. Il le dénude et le visite dans un « éloge » à la manière des grandes épigrammes. Nous nous trouvons devant un témoignage plus que d’actualité, écrit avec son meilleur style littéraire, et qui contient des vérités incontestables sur son positionnement politique et sa vision du drame cubain.

Reinaldo Arenas a eu une vie tragique et parfois semblable à des parcelles de son œuvre. Il a lutté pour sa liberté personnelle, il a défendu son œuvre jusqu’à l’obsession et la clandestinité, ainsi que la culture cubaine comme monument dont il savait qu’il faisait partie. Il fût interdit, frappé, brutalement persécuté, incarcéré et finalement jeté dans le détroit de Floride dans une embarcation de fortune qui le mena aux Etats-Unis, dans le triste exode forcé de El Mariel. Depuis son exile, il a conservé le même avis sur lui-même, sur Cuba et sur Castro. Il ne s’est jamais non plus senti à son aise à New York ni à Miami. Ses amis les plus proches disent qu’il avait plus d’affinités avec le Vieux Continent. Son autobiographie « Avant la nuit » a été adaptée au cinéma. L’acteur espagnol Javier Bardem a frôlé l’Oscar pour son interprétation dans ce film de la figure de l’écrivain cubain.

 

Eloge de Fidel Castro

REINALDO ARENAS

EL PAÍS - International - 07-08-2006

En cette période où presque tous les pays communistes marchent vers un processus démocratique, Fidel Castro s’est cloué au pilori de l’opinion publique pour avoir refusé d’accepter un quelconque changement, ni rien qui ait un air de perestroïka ou de démocratie. Moi, pourtant, avec mon esprit de contradiction, au lieu de critiquer le « Lider Maximo », je vais faire ici un bref récapitulatif de ses vertus.

Homme politique calculateur et astucieux, quand il prit le pouvoir en 1959, il avait trois options : 1) la démocratie, avec laquelle il aurait gagné les élections à l’époque, mais il aurait bénéficié d’un pouvoir éphémère et partagé avec l’opposition. 2) la tyrannie de droite ou conventionnelle, que n’offre jamais une sécurité absolue ni un pouvoir illimité. 3) La tyrannie communiste, qui à ce moment-là, en plus de le couvrir de gloire, semblait lui assurer un pouvoir à vie. Habile, Castro opta pour ce choix.

Profond philosophe, il a fait comprendre d’une manière ou d’une autre à ses sujets que la vie matérielle est chose futile, à tel point qu’il n’existe à Cuba presque aucune chose matérielle, et que le taux de suicides, selon des études étasuniennes sérieuses, est le plus élevé d’Amérique Latine.

Intellectuel lucide, il comprit que la majorité des artistes sont victimes d’un ego hypertrophié. A partir de 1959, il a commencé à inviter des écrivains remarquables, les recevant personnellement et leur montrant ce que lui voulait qu’ils voient. Castro a créé des prix littéraires internationaux, a fait la promotion de certains intellectuels fidèles, allant jusqu’au Prix Nobel, comme c’est le cas de Gabriel Garcia Marquez.

Economiste supra intelligent, il a instauré depuis près de trente ans le ticket de rationnement grâce auquel il évite l’inflation économique dans son pays, étant donné que le peuple ne peut presque rien consommer. De plus, il se consacre, par l’intermédiaire de ses généraux les plus distingués et avec la participation de Raul Castro (comme le constatent des documents publiés), au trafic international de drogues, ce qui lui apporte une importante entrée d’argent qui peut lui servir à financer son appareil de propagande à l’étranger et inciter la subversion armée en Amérique Latine.

Sexologue expert, il a préparé de magnifiques armées juvéniles qui agissent en tant que guide touristiques, traducteurs et qui divertissent gentiment autant les dames que les messieurs invités.

Eleveur et agriculteur notoire, il a réussi à faire qu’une vache (Ubre Blanca) donne tous les jours plus de cent litres de lait. Le pauvre animal a crevé et le lait continue d’être rationné à Cuba, mais le souvenir de Ubre Blanca reste dans la presse de l’époque et Castro a ordonné qu’on modèle de nombreuses copies de cet extraordinaire exemplaire bovin. En 1970, Castro a dit qu’il produirait dix millions de tonnes de sucre et « pas une livre de moins », et il ne s’est trompé que de deux millions de tonnes.

Elève appliqué et fidèle à son maître, il a suivi avec une orthodoxie irréprochable les leçons de Staline : d’une manière ou d’une autre il est débarrassé de ses adversaires politiques ou des personnages qui pouvaient assombrir sa gloire, de Hube Matos à Carlos Franqui, ou encore de Camilo Cienfuegos à Ernesto Guevara. Il a créé en 1961 les camps de concentration pour dissidents de toute sorte et il les a officialisés en 1966 en leur donnant l’ingénieux titre d’UMAP (Unités Militaires d’Aide à la Production). Il a transféré des villages entiers qui se trouvaient dans des zones de foyers de guérilleros anticastristes, vers de nouvelles villes parfaitement surveillées. Comme il l’a fait avec de nombreux paysans qui vivaient dans la province de Las Villas, lesquels durent s’en aller vivre dans une ville préfabriquée dans la région de Pinar el Rio, appelée Ciudad Sandino. Aussi, depuis près de trente ans, Castro met en pratique les purges politiques et les rétractations publiques. Dans ces situations, l’accusé, après avoir passé de nombreuses semaines ou mois dans les cellules de la Sécurité de l’Etat, avoue avoir commis tout type de crime, être un misérable et un traître contre-révolutionnaire et, bien entendu, un infidèle à Castro. Des exemples : le procès public de Marcos Rodriguez (fusillé en 1964), le procès du général Arnaldo Ochoa (fusillé en 1989) ou la confession de Herberto Padilla, dans lequel il dénonçait même ses amis les plus intimes et sa propre épouse, en 1971. Fidèle à sa politique de « bloc monolithique », Fidel Castro a approuvé publiquement l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie, l’invasion de l’Afghanistan et le massacre par l’armée chinoise des étudiants de la place Tienanmen.

Homme d’Etat sagace, Castro sait parfaitement qu’un dictateur ne doit pas faire de référendum, en effet il perdrait le pouvoir. D’où ses fureurs, de son point de vue justifiées, contre tous les intellectuels (dont six prix Nobel) qui lui ont envoyé une lettre ouverte lui demandant de manière civilisée qu’il organise des élections libres. Castro a habilement refusé de consulter le peuple, ce que d’autres dictateurs moins rusés, pensant qu’ils allaient gagner, avaient accepté de faire. Voyez les échecs dramatiques du général Augusto Pinochet et du commandant Daniel Ortega.

Rien ne peut nous surprendre dans l’attitude actuelle de Fidel Castro. Tout au long de plus de trente et un ans au pouvoir absolu, il est toujours resté fidèle a lui-même, gouvernant avec une telle habilité machiavélique qu’aujourd’hui il est un des uniques héritiers de Staline qui persiste sur le trône.

Au peu de gens qui restent encore ravis par l’image « revendicatrice » et même « héroïque » du Commandant en Chef, qu’ils ne se fassent pas d’illusion. Ce même Castro a dit à travers son armée qu’il « ne céderait pas d’un millimètre quant à son idéologie » et il a déclaré qu’il « préférait que l’île se noie dans la mer avant de renoncer à ses principes politiques »… Bien sûr que c’est au peuple cubain de décider s’il veut cette noyade apocalyptique ou s’il préfère vivre en paix et en liberté comme le fait aujourd’hui heureusement une grande partie de l’humanité.

Traduction de l'article & du texte par Lamalie.